Assurance vie : faut-il faire appel à un professionnel pour la gestion de son assurance-vie ?

Assurance vie : faut-il faire appel à un professionnel pour la gestion de son assurance-vie ?

Le , par Christophe Brochard

On vous propose de plus en plus de mandater des professionnels des marchés financiers pour gérer l’allocation financière de votre contrat d’assurance vie. Comment ça marche ? Combien ça coûte ? Quelles sont les performances ?

Technicité, sang-froid… la gestion de vos avoirs financiers prend du temps, de l’énergie et demande des compétences pointues.

Car la solution, pendant longtemps convaincante, qui consistait à placer toute son épargne sur le seul fonds en euros garanti et liquide n’est plus forcément adaptée au contexte d’aujourd’hui.

La faute à un rendement du support qui s’est érodé au fil des ans (estimation proche de 1,7% en 2018, avant les prélèvements sociaux de 17,2%). Pour espérer faire mieux à long terme, une dose de risque, maîtrisée, et surtout adéquat avec votre profil d’investisseur est nécessaire. Mais comment faire les bons choix dans un contexte chahuté sur les marchés financiers ?

La première solution est de s’engager personnellement dans la gestion de son contrat. Cette liberté d’action est très satisfaisante et potentiellement très efficace. Mais elle ne peut convenir qu’aux seuls épargnants qui disposent de temps et qui sont autonomes pour investir dans des supports financiers, appelés unités de compte en assurance vie.

L’autre possibilité consiste à faire confiance aux fameux fonds dits «patrimoniaux», dont l’objectif est de générer une meilleure performance que le classique fonds en euros tout en prenant des risques limités.

Ces supports ont connu un énorme engouement ces dernières années. Ils n’ont toutefois plus beaucoup d’essence dans le moteur en raison d’une poche obligataire importante qui les freine lorsque les marchés actions montent et ne les protège plus beaucoup lorsqu’ils baissent. Ceci s’explique notamment par une corrélation à la baisse de tous les indices mondiaux, comment en témoigne la fin de l’année 2018.

Gestion pilotée ou sous mandat ?

Troisième option : donner les clés de votre contrat d’assurance vie à un professionnel des marchés financiers qui définira une allocation financière en ligne avec votre profil de gestion. Cette solution tout confort a le vent en poupe actuellement.

Elle peut prendre deux formes : une gestion grand public dite pilotée, ou une gestion plus personnalisée dite sous mandat.

Dans le premier cas, une poche est créée dans le contrat d’assurance vie et c’est l’assureur qui passe les ordres d’achats et de ventes, selon les grilles d’allocations d’actifs fournies à échéances régulières par la société de gestion mandatée.

Dans le cas d’une gestion sous mandat, votre argent se trouve chez un dépositaire et non chez l’assureur. C’est alors la société de gestion qui, selon ses anticipations de marché, passe directement les arbitrages sur votre contrat. Ce type de gestion est plus réactive et permet notamment d’y intégrer des titres en direct, en plus des classiques Sicav et FCP.

Mais alors que valent réellement ces gestions déléguées ?

La performance comme juge de paix

L’année 2018 a été particulièrement compliquée, avec une corrélation de l’ensemble des actifs à la baisse. Lorsqu’on compare les différents fonds dits “patrimoniaux”de la place, les performances en 2018 (-11% pour le CAC 40) s’en ressentent : -12,4% pour Oddo BHF Patrimoine, -11,3% pour Carmignac Patrimoine, -9,7% pour Keren Patrimoine, -7,6% pour Amundi Patrimoine ou encore -3,4% pour Lazard Patrimoine, l’un des plus résistants. Les performances du Groupe Quinze, qui a su se décorréler des marchés actions quand il le fallait, affichent une performance de +4,62% (profil dynamique) malgré une année 2018 dans le rouge vif pour toutes les classes d’actifs mondiales.

Le tarif de la gestion est également un des facteurs à regarder de près. Il faut éviter d’empiler les couches de frais qui, de façon mécanique, constituent un frein à la performance potentielle.

Le calcul doit être global en cumulant les frais du contrat, les frais du mandat et les frais des supports d’investissement utilisés dans la gestion.

En définitive, le niveau de performance, nette de frais du mandat, permet de départager les offres.

Il faut bien sûr analyser la performance absolue, mais aussi la mettre en perspective avec la prise de risque nécessaire pour y parvenir. C’est-à-dire qu’il est plus remarquable d’avoir une performance de 5% en prenant peu de risques qu’une performance de 6% en en prenant beaucoup. La mesure du risque est donnée par la volatilité.

 

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